L'acte de fumer ne concerne pas que les seuls consommateurs de tabac. L'homme a toujours et partout, allumé des substances et aspiré de la fumée. Je pense que le fait de fumer se rattache étroitement au grooming*. Fumer une cigarette, se ronger les ongles, tripoter ses cheveux résultent d'une pulsion de toilettage mutuel, désormais sans objet, et retourné vers soit même. Partout dans le monde et bien avant l'usage du tabac, l'homme à fumé. on en trouve la trace chez les auteurs Grecques et Latins. On à fumé de tout: lavande, bétoine, arnica, chanvre, champignons... Les ethnologues ont observé ce comportement au fond des contrées les plus lointaines; il semble qu'aspirer la fumée ne soit pas propre au tabagisme mais à une tendance universelle.
Le feu et la fumée provoque chez les fumeurs une indéniable fascination: allumer sa cigarette en contempler le bout incandescent, souffler, suivre les volutes de fumée écraser le mégot font partie d'un rituel intime.
Le genre humain est doté de glandes lacrymales, lui permettant de supporter, mieux que les autres espèces, l'effet irritant de la fumée. Cette adaptation serait apparue en relation avec la maitrise du feu. La capacité de produire des larmes à permis aux hommes de s'aventurer dans les savanes incendiées à la recherche d'animaux morts; ils avaient ainsi accès plus rapidement à la viande fraîche que d'autres charognards, tenus à l'écart par la fumée.
Pour l'homme la fumée est un indice aux effets psychostimulants, elle est promesse: on aime l'odeur d'un feu de camp, et les barbecues recréant une ambiance de "chasseurs cueilleurs".
Elle est mystère et fascination quand sur scène de concerts envahies de fumigène, surgissent... danseurs et musiciens comme du fond des âges...